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Mercredi 13 Septembre 2017Arrêt cardiaque pendant l'acte sexuel : chaque minute compte avant l'arrivée des secours
Arrêt cardiaque pendant l'acte sexuel : chaque minute compte avant l'arrivée des secours

Faire l'amour peut augmenter le risque d'arrêt cardiaque, surtout chez les hommes. Ils sont d'ailleurs deux fois moins vite réanimés d'après une étude réalisée par des cardiologues français. Pourtant, appeler rapidement les secours est vital.


 



Les hommes ont quatre fois plus de risque de décéder d'un arrêt cardiaque si la crise a lieu pendant un acte sexuel, c'est ce que révèle une étude de cardiologues français dévoilée lors d'un congrès européen à Barcelone. Et ce, pour une affaire de pudeur et de gêne. Les personnes se retrouvent souvent nues et n'osent pas appeler les secours. Pourtant, chaque minute écoulée avant l'arrivée des secours réduit de 10% les chances de survie de la personne qui subit un arrêt cardiaque.


L'équipe du docteur Sharifzadehgan, cardiologue à l'hôpital européen Georges Pompidou, a étudié 3.028 personnes ayant souffert d'un arrêt cardiaque. Parmi eux, 246 arrêts cardiaques ont eu lieu pendant une activité physique et 17 se sont produits uniquement chez des hommes lors d'un rapport sexuel. Les chercheurs en ont conclu que le taux de mortalité chez les hommes était multiplié par quatre si l'arrêt cardiaque avait lieu pendant l'acte sexuel. Seul un homme sur huit survit à cet accident dans cette situation, contre une personne sur deux hors rapport sexuel.


 


La honte d'appeler les secours


D'après les auteurs, ces résultats sont dus à la gêne et la pudeur que ressentent les partenaires sexuels avant d'appeler les secours. L'arrivée des équipes soignantes est donc beaucoup trop tardive.


Les personnes qui subissent un arrêt cardiaque pendant une relation sexuelle mettent deux fois plus de temps à être réanimées. Ainsi, il s'est écoulé 3,1 minutes pour un patient dans une situation normale contre 8,4 minutes en moyenne après un acte sexuel. Appeler rapidement les secours est donc crucial.


 


Faites l’amour, c’est bon pour le coeur !


 


On le sait bien : l’activité sexuelle procure des bienfaits tels que des effets relaxants, antidépresseurs, antidouleurs en libérant les hormones du plaisir comme la sérotonine, la dopamine, les endorphines, etc. Mais ce que vous ne savez peut-être pas c’est que faire l’amour est aussi bon pour la santé cardio-vasculaire.


En effet, selon la Fédération Française de cardiologie, "un rapport sexuel représente un effort physique d’intensité modérée, comparable à l’énergie dépensée pour monter deux étages à bonne allure. Il participe en outre à l’élimination des toxines, augmente le rythme cardiaque, active la circulation sanguine et muscle le cœur."



 

 








 



 

 

"Les bienfaits de l'activité sexuelle pourraient être dus à la fois aux effets émotionnels et physiques", rappelle le Pr Claire Mounier-Vehier, cardiologue au CHRU de Lille et présidente de la Fédération Française de Cardiologie. L’Organisation Mondiale de la Santé reconnaît également l’activité sexuelle régulière comme contributrice de la qualité de vie et d'une bonne santé.





Les amoureux cardiaques peuvent continuer à faire l'amour


Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, les patients souffrant de maladies cardio-vasculaires peuvent généralement poursuivre une sexualité régulière. Le risque d’avoir un problème cardiaque pendant l’acte est "faible et ne doit pas, dans la très grande majorité des cas, conduire à une restriction", indique la fédération. "L’accident cardio-vasculaire marque un tournant évolutif dans la vie sexuelle d’un patient et a un impact à la fois psychologique (peur de la récidive, maternage du conjoint, etc.) et physique (effet vasodilatateur des traitements, fatigue, etc.). Il est important d’aborder le sujet de la sexualité avec les patients très rapidement pour les rassurer et ajuster de façon individuelle le choix du traitement et la conduite à tenir", commente le Pr Claire Mounier-Vehier.


Quelques conseils pour les personnes cardiaques :



  • ne jamais arrêter seul son traitement face à des troubles sexuels,

  • ne pas hésiter à en parler au médecin,

  • modifier son hygiène de vie : activité physique régulière et arrêt du tabac,

  • diminuer la consommation d’alcool,

  • perdre du poids si nécessaire,

  • diminuer ou arrêter les anxiolytiques, somnifères, antidépresseurs qui aggravent les troubles de l’érection et la libido,

  • penser à dépister une apnée du sommeil, cause fréquente de troubles de l’érection,

  • en cas de symptômes pendant l’activité sexuelle (exemple : essoufflement, palpitation, douleur thoracique…), comme pour toute activité physique, consultez rapidement votre médecin.




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