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Mercredi 20 Septembre 2017Faut-il couvrir la France de défibrillateurs ?
Faut-il couvrir la France de défibrillateurs ?

Les défibrillateurs peuvent sauver une vie en cas d’arrêt cardiaque. En France, on en trouve de plus en plus dans les lieux publics. Mais, par peur et par manque de formation, la population hésite à les utiliser.


 


Chaque année en France, 50.000 personnes sont victimes d’un arrêt cardiaque. Seuls 2 à 3 % en réchappent. Grâce à une défibrillation immédiate, qui permet de faire repartir le cœur, on pourrait en sauver dix fois plus. Le Samu ou les pompiers mettent en moyenne vingt minutes pour arriver sur place ! Or, au-delà de cinq minutes, le cerveau, qui n’est plus oxygéné par le sang venu du cœur, subit des dommages importants. A chaque minute qui passe, c’est 10 % de survie en moins.


 


Lorsqu’on effectue un massage cardiaque, on comprime le cœur contre les vertèbres, ce qui renvoie le sang vers le cerveau. Le choc électrique du défibrillateur va resynchroniser les cellules cardiaques et relancer la contraction ventriculaire. En pratique, les deux électrodes posées sur la poitrine de la victime  permettent l’analyse du rythme cardiaque. A partir de là, l’appareil ne “choque” qu’en cas de nécessité. Son utilisation est simplissime et, depuis un décret de 2007, elle est autorisée à toute personne qui n’est pas médecin.


 


Défibrillateurs : la France a un retard d'équipement


 


Installés dans la rue, les gares, devant les pharmacies, combien de défibrillateurs fonctionnent réellement ? Difficile de le savoir. Mis à part quelques tentatives incomplètes, il n’y a aucune cartographie de ces appareils. « De 11 à 12.000 défibrillateurs sont référencés, mais il y en a probablement le double », estime le Dr Pascal Cassan, conseiller médical national de la Croix-Rouge, qui regrette un certain manque de coordination au niveau national. « Il faudrait que des comités, associant le Samu et les collectivités locales, se créent et désignent des personnes responsables des défibrillateurs et de leur maintenance », renchérit le Pr Jacques Mansourati, vice-président de la Fédération française de cardiologie.


 


Le milieu sportif à la traîne


 


La France s’équipe avec retard. Mais le mouvement est enclenché. Certaines communes en mettent à disposition dans les lieux publics. Les avions d’Air France sont équipés depuis plusieurs années, mais ce n’est pas le cas de toutes les compagnies aériennes. Et certains aéroports français n’en ont pas. La SNCF en installe progressivement dans les rames du TGV-Est et plus de 150 gares disposent de leur défibrillateur. Le monde de l’entreprise commence à s’y intéresser, mais le milieu sportif se réveille à peine. Pourtant, 1.200 morts subites par arrêt cardiaque sont enregistrées chaque année en France dans les stades et les gymnases.


 


La signalétique n’est pas non plus toujours adaptée. Michelle Orbach-Rouliere, directrice du Centre municipal de santé d’Issy-les-Moulineaux (92), une ville pionnière en la matière, reconnaît que les seize défibrillateurs de la ville ressemblent trop « à un parcmètre ». Un nouveau logo aux normes internationales va être adopté.


 


La peur de mal utiliser le défibrillateur est un frein important


 


Sachant que 80 % des arrêts cardiaques ont lieu à domicile, et non pas sur la voie publique, la Communauté urbaine de Nancy a décidé de ne pas installer de défibrillateurs à disposition de la population. Elle a fait un choix différent.


 


Des sauveteurs volontaires de proximité


 


« Installer des défibrillateurs à tous les coins de rue, ça ne marche pas », estime le Dr Stéphane Albizzati, urgentiste au CHU de Nancy et un des initiateurs du projet. Des “sauveteurs volontaires de proximité” (SVP) gardent l’appareil à portée de main pendant leur tour de garde. Ces simples citoyens interviennent à la demande du Samu dès qu’un incident est signalé dans leur secteur. Depuis le lancement de l’opération, en avril 2009, les 200 SVP déjà formés sont intervenus deux fois.


 


Pas besoin de formation en théorie


 


Selon un récent sondage, neuf Français sur dix savent ce qu’est un défibrillateur, mais seul un tiers oserait s’en servir. En théorie, il n’y a besoin d’aucune formation tant l’utilisation est simple et sans danger. En pratique, les professionnels du secourisme reconnaissent la nécessité d’une initiation, ne serait-ce que pour éviter la panique. Un arrêté du 6 novembre 2009 habilite les associations agréées et les professionnels de santé à dispenser des formations courtes (45 minutes environ) et gratuites. Le dispositif se met en place. A Issy-les-Moulineaux, des efforts ont été faits pour former la population, mais le bilan reste mitigé. « Les gens ne s’impliquent pas beaucoup. Mais c’est en train de changer », remarque Michelle Orbach-Rouliere, directrice du Centre municipal de santé.


 


Bien utiliser un défibrillateur


 


Une personne s’effondre sous vos yeux. Trois gestes peuvent lui sauver la vie.


 


1. Appelez les secours


 


Vérifiez l’état de la victime. Si elle ne réagit pas à vos stimulations et si elle ne respire pas (sa poitrine ne se soulève pas, vous ne percevez aucun souffle), elle est probablement en arrêt cardiaque. Appelez les secours : le 15 pour avoir le Samu, le 18 pour les pompiers. 


 


2. Massez


 


Commencez le massage cardiaque, sans attendre les secours. La victime doit être allongée sur un plan dur. Dégagez sa poitrine. Placez les paumes de vos mains, l’une par-dessus l’autre, à hauteur du sternum. Bras tendus, appuyez en vous enfonçant de trois centimètres. Suivez un rythme de 100 compressions par minute. Il vaut mieux le faire maladroitement que pas du tout. Ne perdez pas de temps à tenter un bouche-à-bouche. Sans arrêter le massage, demandez autour de vous s’il y a un défibrillateur dans le secteur.


 


3. Défibrillez


 


Sortez l’appareil de son boîtier et dégagez les deux électrodes. Collez-les sur la poitrine en suivant les instructions données par l’appareil : l’une sous la clavicule, l’autre au niveau de l’aisselle. Pour un enfant (entre 1 et 8 ans), on place une électrode sur le sternum, l’autre dans le dos entre les deux omoplates. En cas de besoin, l’appareil vous demande de reculer pour qu’il envoie un choc électrique.



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