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Jeudi 21 Septembre 2017« Je pleurais dans ma voiture quand on m’a appris qu’il était encore vivant »
« Je pleurais dans ma voiture quand on m’a appris qu’il était encore vivant »

Stéphane, pharmacien qui a tout fait pour sauver la vie de l'arbitre victime d'un malaise cardiaque dimanche, ne veut pas entendre le mot "héros". Selon lui, il n'aurait fait que son "devoir de citoyen". Interview.


 

 


 


 


Stéphane, pouvez-vous nous raconter la scène ?


 


Je suis pharmacien et pas médecin. Lorsque j’ai vu tomber l’arbitre sur le terrain, je me suis tout de suite dit que c’était grave car il n’y a pas de raison de tomber raide comme cela. J’ai tout de suite couru vers lui, je suis passé devant le gardien et je lui ai demandé de ramener le défibrillateur. Au début, on a pensé que c’était une crise d’épilepsie. Les joueurs l’avaient mis en PLS. A ce moment-là, il respirait encore. On a appelé le SAMU qui nous a demandé de le garder dans cette position en attendant leur arrivée. Quand j’ai raccroché, l’arbitre ne respirait plus. Plus aucun battement de cœur, plus de pouls. Sans me poser de questions, j’ai entamé le massage cardiaque en attendant l’arrivée des pompiers. Puis, j’ai envoyé des décharges avec le défibrillateur.


 


Aviez-vous déjà connu une telle situation ?


 


Ça m’était arrivé une fois il y a 35 ans à la plage mais à cette époque, il n’y avait rien, pas de défibrillateur… On peut être impressionné par le fait de masser quelqu’un après un malaise cardiaque, c’est violent. Mais quel grand bonheur de savoir que la personne respire à nouveau et qu’elle est toujours parmi nous. Dès que son cœur s’est arrêté, j’ai coupé ses habits pour mettre les électrodes… Il faudrait que chacun d’entre nous sache faire ces gestes, ça sauverait beaucoup de gens.


 


Peut-on dire que vous êtes un héros ?


 


Non, c’est mon métier, je suis pharmacien et donc je suis un pro de la santé. J’ai fait mon geste de citoyen et s’il s’en sort je serai le plus heureux du monde. Ce serait un moment de vie inoubliable ! Un héros prend des risques sur sa propre vie pour sauver les autres et ce n’est pas ce que j’ai fait. Moi, Je n’ai fait que ce que ma conscience m’a dit de faire : j’ai eu un réflexe. Je suis un mec normal et je suis très heureux qu’il soit encore parmi nous, même si tout cela ne sera pas sans conséquences pour lui. Dans ce genre de situation critique, il faut savoir garder son sang froid et ne pas hésiter. D’ailleurs, je tire mon chapeau aux pompiers qui se sont battus pour qu’il soit encore en vie.


 


Aux dernières nouvelles, l’arbitre s’est réveillé. Qu’avez-vous ressenti en apprenant la nouvelle ?


 


On m’avait dit qu’il était décédé dans la voiture des pompiers. J’étais profondément triste… Je pleurais dans ma voiture quand on m’a appris qu’il était encore vivant. Il aura peut être des conséquences à cause des chocs du défibrillateur mais s’il voit grandir ses enfants toute sa vie encore, alors je suis le plus heureux sur cette planète. J’espère de tout mon cœur qu’il va s’en sortir avec le moins de séquelles possibles.


 


Pourquoi étiez-vous là ce matin-là ? Comment était l’ambiance dans le stade lors du drame ?


 


Mon fils était sur le terrain. Il joue à l’Euga Ardziv. Tout le monde était très peiné. Dans ce genre de situation, on s’aperçoit qu’il n’y a pas d’arbitres, de joueurs de foot ou de supporters mais seulement des hommes pour sauver d’autres hommes.



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