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Vendredi 22 Septembre 2017Réanimation cardio-respiratoire : avec ou sans bouche à bouche ?
Réanimation cardio-respiratoire : avec ou sans bouche à bouche ?



La réanimation cardio-respiratoire est un geste de premier secours capital dans la prise en charge précoce des arrêts cardiaques en dehors de l’hôpital. Interrompre les compressions thoraciques pour effectuer le bouche à bouche est-il bénéfique pour la prise en charge d’un arrêt cardiaque sans asphyxie ? Une question essentielle pour optimiser les recommandations sur les gestes d’urgence.


Arrêt cardiaque et réanimation cardio-respiratoire


Selon leur cause, les arrêts cardiaques peuvent être divisés en deux grandes catégories :





      1. Les arrêts cardiaques par asphyxie (l’arrêt cardiaque succède à une cause respiratoire : noyade, suffocations, …) ;




      1. Les arrêts cardiaques sans asphyxie (le cœur s’arrête sans lien avec une origine respiratoire). 






Les arrêts cardiaques sans asphyxie sont une cause majeure de décès dans le monde. La réanimation cardio-respiratoire est un geste de premier secours essentiel dans le traitement de ces arrêts cardiaques. Elle repose traditionnellement sur la réalisation de compressions thoraciques et d’insufflations de secours (bouche à bouche ou ventilation artificielle), pratiquées à un intervalle délimité entre des séries de compressions thoraciques.


Faut-il faire du bouche à bouche ?


Des études ont montré que la continuité des compressions thoraciques est essentielle pour la survie, alors que leur interruption par des insufflations de secours pourrait augmenter le risque de décès. Dans ce contexte, des chercheurs ont comparé les effets respectifs des compressions thoraciques continues (avec ou sans insufflations de secours) et des compressions thoraciques interrompues durant les insufflations, sur la prise en charge des arrêts cardiaques sans asphyxie en dehors de l’hôpital. Trois essais cliniques et une étude en cours ont été analysés, ce qui représente un total de 26 742 patients, adultes ou enfants.


À savoir ! Les insufflations de secours peuvent être effectuées, soit en interrompant les compressions thoraciques, soit en même temps que les compressions thoraciques.






Dans trois essais, la réanimation cardio-respiratoire était réalisée par des témoins non formés dans des zones urbaines aux USA, au Royaume-Uni et en Suède, selon les instructions téléphoniques communiquées par les services de secours. Les résultats semblent montrer que les compressions thoraciques continues sans insufflations de secours améliorent le taux de survie à la sortie de l’hôpital par rapport aux compressions thoraciques interrompues par le bouche à bouche (+2,4 % de survie). En revanche, les études ne fournissent de preuves suffisantes pour comparer l’effet des deux techniques de réanimation sur les fonctions neurologiques des patients à leur sortie de l’hôpital.






Un essai a évalué la réanimation cardio-respiratoire réalisée par un professionnel qualifié des services médicaux d’urgence. Le taux de survie au moment de l’admission à l’hôpital est inférieur (-1,3 %) pour les compressions thoraciques continues avec des insufflations de secours par rapport aux compressions thoraciques interrompues par les insufflations de secours. La technique ne semble pas impacter les fonctions neurologiques. Les effets secondaires de la réanimation cardio-respiratoire étaient moins fréquents dans le cas des compressions thoraciques continues associées à des insufflations de secours.


L’intérêt des compressions thoraciques continues


Suite à cette analyse, les chercheurs concluent que les compressions thoraciques sans interruption réalisées par des témoins augmentent la proportion de personnes en vie à la sortie de l’hôpital, par rapport aux compressions thoraciques associées au bouche à bouche, dans le cas des arrêts cardiaques sans asphyxie.






Réalisée par des professionnels de l’urgence, les compressions thoraciques associées à des insufflations de secours ne permettent pas d’améliorer la survie à la sortie de l’hôpital par rapport aux compressions thoraciques interrompues. Cependant, les effets secondaires seraient moins importants avec les compressions thoraciques continues.






Par ailleurs, l’intérêt de l’utilisation de défibrillateurs externes autonomes (DEA) devrait être pris en compte.






Le bouche à bouche n’apparaît pas comme un élément fondamental dans la réanimation cardio-respiratoire des patients en arrêt cardiaque sans asphyxie. La réalisation de compressions continues semble la méthode la plus efficace, en particulier lorsque le patient est pris en charge par des témoins non formés.






 




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