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Jeudi 19 Octobre 2017Insolite : oui, on peut mourir de chagrin
Insolite : oui, on peut mourir de chagrin

Le décès de l'actrice Debbie Reynolds, 24 heures après la mort de sa fille, l'actrice Carrie Fischer, pose la question : le chagrin peut-il provoquer un AVC ou un infarctus ?  La réponse des médecins américains est : oui, on peut mourir d’un cœur brisé.



L'actrice américaine Debbie Reynolds est décédée hier après avoir été transportée à l'hôpital, vraisemblablement victime d'un AVC. Sa fille Carrie Fisher était décédée la veille d'un infarctus. Nombreuses sont les personnes qui se sont alors demandé si le chagrin (et le stress qu'il engendre) peut provoquer la mort.


Le Dr Ilan Wittstein, cardiologue à l’hôpital John Hopkins est le premier spécialiste à avoir évoqué le "syndrome du cœur brisé", également appelé cardiomyopathie due au stress.
"Cela peur faire croire à un infarctus, mais ce que l’on voit sur les radios n’a rien à voir. Les personnes qui ont une crise cardiaque ont des symptômes parfaitement reconnaissables au niveau des artères coronaires alors que les personnes qui souffrent du syndrome du cœur brisé ont des coronaires qui se révèlent en parfait état".


En fait, sous l’effet d’un très grand stress , le cerveau envoie un signal aux glandes surrénales : des glandes qui sont situées au-dessus des reins et dont l’une des principales fonctions est de sécréter de l’adrénaline pour répondre aux agressions. Les surrénales libèrent alors de l’adrénaline, qui contracte certains vaisseaux et accélère le cœur. Mais parfois, sous l’effet d’un stress particulièrement important, comme la mort d’un proche, le cœur va jusqu’à être paralysé et s’arrête de battre.
"Mais, contrairement à une crise cardiaque, lorsque l’on parvient à relancer le cœur paralysé, le patient ne souffre ensuite d’aucune séquelle fonctionnelle" affirme le Dr Wittstein.


Les recherches que le Dr Ilan Wittstein mène depuis 1999 sur le syndrome du cœur brisé montre que cette pathologie touche essentiellement les femmes âgées de plus de 55 ans. "A l’âge du déclin hormonal, le cœur des femmes devient plus sensible au stress car il n’est plus protégé par les oestrogènes. Voilà pourquoi, finalement, on a moins de risque de mourir d’un chagrin d’amour à 25 ans que plus tard dans la vie !"


Une autre étude dirigée par le Pr Jennifer Sumner, épidémiologiste à l'Université de Columbia (New-York) a montré qu'un événement traumatisant comme une agression physique ou le décès d'une personne proche pouvait avoir un impact profond sur la santé cardiovasculaire, augmentant le risque chez les personnes âgées (et plus particulièrement les femmes) de souffrir d'un accident vasculaire cérébral ou d'un accident ischémique transitoire. Selon le médecin, les femmes ayant subi un traumatisme devraient donc être suivies plus attentivement afin de prévenir le risque cardiovasculaire.




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