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Dimanche 14 Janvier 2018Après un infarctus, les femmes sont moins bien suivies que les hommes
Après un infarctus, les femmes sont moins bien suivies que les hommes

Une étude anglo-suédoise démontre que les recommandations de prise en charge sont mieux appliquées pour les hommes.



L’étude anglo-suédoise, qui vient d’être publiée dans la revue scientifique de l’association américaine du cœur (Journal of the American Heart Association), montre en effet que les femmes qui font un infarctus du myocarde meurent davantage que les hommes, à profil cardiovasculaire et situation équivalents.


Différence de soins


Après un infarctus, surtout lorsqu’il est lié à l’obstruction complète d’une artère nourricière du cœur (Stemi dans le jargon médical), la mortalité des femmes est supérieure de 89 % à celle des hommes avec un an de recul. Elle reste supérieure de 60 % avec cinq ans de recul. Pourquoi un tel écart en défaveur des femmes?





«C’est très étonnant car quand on pense à notre pratique on n’a pas l’impression de se comporter différemment»


Le Pr Éloi Marijon, cardiologue à Paris




Une inégalité qui ne s’arrête pas là puisqu’à la sortie de l’hôpital elles étaient aussi moins nombreuses que les hommes à bénéficier d’un médicament ayant prouvé son efficacité tel qu’une statine (24% en moins que les hommes), de l’aspirine (16 % en moins) un bêta-bloquant (moins 12 %).


Pourtant, les sociétés savantes de cardiologie, française comme européenne, recommandent clairement depuis déjà une dizaine d’années que les personnes faisant un infarctus soient traitées de la même façon, quel que soit leur sexe.


«C’est très étonnant car quand on pense à notre pratique on n’a pas l’impression de se comporter différemment, explique au Figaro le Pr Éloi Marijon, cardiologue à Paris (Hôpital européen Georges-Pompidou). On savait déjà qu’il pouvait y avoir un retard de prise en charge pour les femmes, notamment parce que les signes avant-coureurs étaient atypiques (par exemple une petite douleur abdominale), ajoute-t-il, mais les auteurs de cette étude mettent en évidence une différence même une fois que le diagnostic correct a été posé. C’est donc une réalité qui nous échappe, qu’on a du mal à admettre.»


 


«Il y a urgence»


La Fédération française de cardiologie s’est pourtant engagée depuis des années dans la prise de conscience de la fragilité du cœur des femmes. «Il y a urgence à bouleverser nos cultures sociétales, qui considèrent encore que les femmes jeunes sont protégées des maladies cardiovasculaires par leurs hormones», estimait sa présidente en 2015, le Pr Claire Mounier-Vehier.


Cette année-là, une étude sur la mortalité hospitalière post-infarctus en Suède et au Royaume-Uni montrait aussi que suivre les recommandations officielles améliorait la survie et le pronostic des patients. Raison de plus pour les appliquer aux femmes.


«L’étude montrait aussi qu’en cas d’infarctus il fallait mieux être pris en charge dans un grand centre que dans un petit», souligne le Pr Blacher. Et, cette fois, pour les deux sexes.




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