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Samedi 03 Mars 2018Coeur insouciant ne vit longtemps
Coeur insouciant ne vit longtemps

C’est après une belle escapade vacances au Pays Basque, que je vous livre une histoire toute fraîche qui m’a marquée dans mon quotidien de jeune médecin.


 


 


 


« Ce jour-là, comme d’habitude j’allais chez l’esthéticienne. Pendant la séance, une douleur dans la poitrine est arrivée et mon bras gauche est devenu comme inanimé, impossible de lui commander le moindre mouvement. En reprenant la voiture, cette douleur empire, me donne la nausée. Tout en conduisant d’un seul bras, j’évite la rocade et me dirige instinctivement vers la pharmacie la plus proche. Sur le parvis de la pharmacie, la nausée est si forte que j’en vomis. Alors le pharmacien arrive et le diagnostic est sans appel, je suis en train de faire un infarctus. Diane, je t’assure, jamais je n’aurais imaginé une seule seconde que cela pouvait m’arriver à moi, jamais je n’aurais pu faire le lien entre cette douleur thoracique et ce diagnostic. Quand il s’agit de soi, la raison et la réflexion se floutent. », témoignage de L., 69 ans. Ancienne fumeuse (1 paquet par jour pendant 30 ans), aucune activité physique mais alimentation saine, poids normal. Infarctus à 53 ans, vit avec un stent depuis.


 


Si j’ai décidé de parler de l’infarctus du myocarde, plus communément appelée, la crise cardiaque, c’est que contrairement à ce que je pensais, la population est relativement mal informée par rapport aux symptômes et aux risques de l’infarctus. Les campagnes pour les AVC ont eu un énorme impact sur la population ; tout le monde est capable maintenant d’en reconnaître les signes : difficulté d’élocution, moitié du corps qui ne répond plus.


 


Mais l’infarctus du myocarde ne s’est pas encore bien ancré dans nos esprits. Qu’est ce que c’est, quels sont les risques, qu’est ce que la coronarographie et le stent ?


 



 


Le cœur est vascularisé par les artères appelées les coronaires, la gauche et la droite. Le cœur sert à vasculariser le corps, et les coronaires le cœur, jusque là tout va bien. 


 


« Il avait 50 ans mon oncle, 1 paquet par jour, obèse, bon vivant, enfin tu vois le genre. Il a tapé son infarctus, ils ont rien pu faire, le temps que les secours arrivent, le cœur a lâché. », témoignage de mon ami M. 29ans, 100kg, 1 paquet par jour, grand gaillard bon vivant. Depuis 3 semaines, il s’est mis au régime et remis au sport, un footing de 30 min par jour et des extras (entraînements de rugby avec les copains, randonnées le week-end). Il a perdu 8kg depuis, prochaine étape : arrêter le tabac.


 


Le tabac (et même 3-4 cigarettes par jour), la malbouffe, la sédentarité et l’âge (50 ans pour les hommes, 60 ans pour les femmes) provoquent l’accumulation de cholestérol au sein des parois des vaisseaux ; on appelle ça, les plaques d’athérome. Au fur et à mesure de la vie elles s’accumulent, phénomène d’athérosclérose, jusqu’au jour où elles empêchent le sang de passer correctement dans le vaisseau. C’est à ce moment là, qu’un individu peut ressentir des petites alertes, comme : un essoufflement inhabituel ou une gêne thoracique voir carrément une douleur lors d’efforts peu soutenus (une montée d’escalier par exemple). C’est ce qu’on appelle l’angor, ou angine de poitrine. Normalement, le patient avec l’aide de son médecin généraliste est capable de repérer ces situations. Un rendez-vous chez un cardiologue s’impose alors, afin de réaliser un bilan cardiaque composé, en général, d’un électrocardiogramme, une épreuve d’effort voire une échographie et mettre en place un traitement.


 


Dans le cas où ces symptômes passent à l’as et le bilan non réalisé, le risque d’infarctus augmente avec l’âge.


 


« Je suis rentrée à Paris en urgence, le fils de ma meilleure amie, 45 ans, il a eu un infarctus un matin au bureau et il a fait un arrêt dans la foulée. Soit, c’était un homme stressé, hyperactif dans son travail qu’il adorait, beaucoup de déjeuner d’affaires, il fumait beaucoup trop je sais. Mais 45 ans Diane ? Il a une fille d’un an à peine… », témoignage de ma tendre M.


 


Le muscle du cœur est appelé en terme médical, le myocarde. Un infarctus est une mort brutale et massive de cellules composant une partie plus ou moins grande du muscle du cœur. Ceci est provoqué par l’obstruction totale d’une coronaire à cause d’une plaque d’athérome. En fonction du lieu de l’obstruction, les dégâts varient et la capacité de récupération ultérieure aussi.


 


Passons maintenant aux moyens de repérer l’infarctus. Le signe le plus connu, c’est celui que l’on voit dans les films, la douleur thoracique. Cette douleur est centrale, comme un serrement ou un coup de poing. Mais elle peut être traitre, en effet régulièrement les patients décrivent aussi une douleur à l’estomac, une pesanteur voire une brûlure. Méfions-nous. De plus cette douleur peut irradier dans le cou, la mâchoire, et le bras GAUCHE, et seulement le gauche (histoire d’innervation commune), provoquant des sensations de crispations, ou bras insensible et mous. La douleur est si forte que la nausée, les vomissements, le malaise sont fréquents.


 


Si vous ressentez précisément ce genre ce symptôme -> Allo le SAMU 15 en urgence .


 


« Je t’en parle parce que tu le connais, il intériorise beaucoup, mais son père vient de faire un infarctus. Une douleur au ventre bizarre depuis le matin qui s’est transformée en une douleur thoracique quelques heures après. Cela l’a décidé a consulter en urgences, résultat : infarctus, une coronarographie en urgence et un stent », témoignage de S. parlant d’un père de 50 ans, ancien fumeur pendant 30ans (1 paquet par jour), en surpoids, bon vivant.


 


Le traitement en urgence consiste à déboucher la coronaire atteinte. La coronarographie est un examen sous anesthésie locale, qui permet de faire monter un petit câble à travers une artère du bras ou le pli de l’aine, au bout duquel se situe un stent. Un stent, c’est comme un petit ressort que l’on va déployer au niveau du bouchon d’athérome, c’est l’angioplastie. Grâce à un produit opaque injecté dans les coronaires, le cardiologue est capable de repérer la zone de la coronaire obstruée afin d’y déployer le stent à l’aide d’un ballonet gonflable au bon endroit. Cette opération délicate et millimétrée permet au sang de passer de nouveau.


 


Ce n’est que quelques temps après, grâce à un bilan cardiaque que les conséquences de l’infarctus sont quantifiables. En gros, plus le bouchon restent longtemps, plus la partie du muscle cardiaque bouchée ne respire plus, plus elle souffre voire se nécrose. D’où l’importance de la rapidité de la prise en charge.


 


 


 



 


Voilà, j’espère vous avoir éclairé ou remis les idées au clair. Prenez soin de vous. Mangeons mieux bougeons plus, arrêtons de « cloper » à outrance et de boire n’importe quand. Réapprenons peut-être le plaisir des moments plus rares, s’offrir une récompense. Déguster une petite bière au soleil entre amis ou savourer l’intimité de la rencontre d’une petite cigarette et d’une tasse de café brûlant, juste de temps en temps. Car nous voulons tous que nos parents voient leurs petits enfants grandir, et nous voulons tous voir grandir nos enfants en retour.



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