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Lundi 05 Mars 2018L’infarctus de l’œil, rare mais à traiter de toute urgence
L’infarctus de l’œil, rare mais à traiter de toute urgence

Cette pathologie, qui peut être annonciatrice d’un AVC, nécessite un bilan cardio-vasculaire poussé, après sa prise en charge.



Après un infarctus de la rétine, encore appelée thrombose artérielle de la rétine, trop peu de patients sont pris en charge pour leur risque cardio-vasculaire. Or, une personne sur cent va faire un accident vasculaire cérébral (AVC) dans les 90 jours qui suivent l’infarctus de l’œil, révèlent les résultats préliminaires d’une étude présentée fin janvier, lors du congrès international sur les AVC à Los Angeles (International Stroke Conference).




«Nous devons mieux évaluer les patients atteints d’un infarctus de la rétine. Leur suivi doit être identique à celui réalisé après un infarctus cérébral»


Dr Alexander Merkler, neurologue à New York




Pour obtenir ce résultat, les chercheurs américains ont analysé les dossiers de 5688 personnes du programme Medicare ayant consulté un ophtalmologue pour infarctus de la rétine. Ils ont constaté que moins d’un tiers des patients avaient réalisé les tests nécessaires pour évaluer leur risque cardio-vasculaire. «Nous devons mieux évaluer les patients atteints d’un infarctus de la rétine. Leur suivi doit être identique à celui réalisé après un infarctus cérébral», a souligné le Dr Alexander Merkler, neurologue à New York et principal auteur de l’étude.





La thrombose artérielle de la rétine, obstruction de l’artère centrale de la rétine, demeure néanmoins une pathologie rare. «Sa fréquence est estimée à 1 consultation sur 10.000, mais c’est toujours une urgence», explique le Pr Laurent Kodjikian, chef de service adjoint en ophtalmologie à l’hôpital de la Croix-Rousse à Lyon et secrétaire général adjoint de la Société française d’ophtalmologie. Le premier signe est une perte de vision brutale, sans l’œil rouge ni douleur associée.


Un marqueur mauvais état général des artères


Si rien n’est fait dans les heures qui suivent, cela peut entraîner des dommages irréversibles de la rétine et une perte de la vision. Outre cette mise en danger de l’œil, l’infarctus de la rétine est, comme le rappelle l’étude américaine, un marqueur du mauvais état général des artères. Cela signifie qu’il existe un risque élevé d’attaque cérébrale mais aussi d’infarctus du myocarde. «C’est pourquoi nous orientons systématiquement les patients vers le cardiologue pour un bilan cardio-vasculaire», explique le professeur Laurent Kodjikian. Plus rarement, l’infarctus de la rétine peut révéler une maladie de Horton, maladie inflammatoire des vaisseaux, qui va nécessiter la mise en route urgente d’un traitement par corticoïdes.


La thrombose artérielle de la rétine, très grave, ne doit pas être confondue avec la thrombose veineuse. «Cette dernière est beaucoup plus fréquente, mais n’est pas une urgence vitale», précise le Pr Kodjikian. Les thromboses veineuses sont des obstructions des veines qui drainent la rétine. Elles n’ont rien à voir avec les thromboses des membres inférieurs, les phlébites. C’est-à-dire que les personnes qui font l’une des thromboses n’ont pas plus de risques d’en développer une autre. Chaque année, environ 20.000 personnes seraient concernées. «Et s’il existe des formes plus ou moins graves pour l’œil, les thromboses veineuses n’engagent jamais le pronostic vital. Même s’il est conseillé de surveiller les facteurs de risque cardio-vasculaires, comme l’hypertension ou le diabète», conclut le Pr Laurent Kodjikian.




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