Les actualités de notre association

Vendredi 28 Février 2014Son cœur repart grâce à ses amis
Son cœur repart grâce à ses amis Même sans défibrillateur c'est possible

Il y a une semaine, deux personnes ont sauvé la vie de Michel Berdal, victime d’un malaise cardiaque lors d’une réception à Bellicourt.

«J’ai failli mourir ce jour-là. Ils m’ont littéralement sauvé la vie». Ce jour-là, des centaines de personnes sont réunies à la Maison de pays du Vermandois. C’est l’inspection annoncée de la communauté de brigades de Bohain. «Ils», ce sont les amis de notre correspondant sur le secteur, comme Thierry Fournier, capitaine à la communauté de brigades de Bohain et Simon Clément, chef d’entreprise et ancien gendarme.
La tournée d’inspection terminée, tout le monde se retrouve pour une petite cérémonie au siège. La soirée prend fin, les invités se dispersent et commencent à rentrer chez eux. Il ne reste plus que quelques personnes lorsque Michel Berdal s’écroule. «Je me suis senti mal d’un coup, j’ai été pris d’un étourdissement, je n’ai pas réussi à me rattraper au poteau», se souvient-il.
Le bon réflexe au bon moment
Croyant d’abord à une crise d’épilepsie, Simon Clément se rend vite compte que son ami est en réalité en train de faire un arrêt cardiaque. «Il devenait bleu. J’ai cherché un battement. Ses membres se sont relâchés, il a poussé un dernier souffle. J’ai reconnu les premiers symptômes d’un malaise cardiaque».
En attendant l’arrivée des pompiers et suivant les souvenirs de sa formation aux premiers secours lorsqu’il était gendarme, Simon Clément retire sa veste, enlève sa cravate et se met à pratiquer un massage cardiaque. Sans réfléchir, son ancien collègue Thierry Fournier lui emboîte le pas et entame une série d’insufflations en bouche-à-bouche. Moins d’une minute plus tard, Michel Berdal revient à lui. Pendant ce temps, Jean-Robert Clément, frère de Simon, guide les pompiers qui peinent à trouver la salle.
«Nous avons réussi à le ranimer. Il était conscient lorsque les secours sont arrivés. Il a eu beaucoup de chance, c’est incroyable», s’étonne encore Thierry Fournier, pourtant habitué à ce genre d’intervention. «Sauf que dans la majeure partie des cas, ça se termine par un décès…» Mais, cette fois, Simon Clément «a senti le cœur repartir au bout de [ses]doigts». La joie a succédé à la peur. «Ce n’est vraiment pas banal ce qu’il s’est passé et ça fait d’autant plus plaisir lorsqu’il s’agit d’un ami».
Installation d’un défibrillateur à la Maison de pays
À la fois heureux et malheureux, l’incident a fait réagir. Le président de la communauté de communes, Marcel Leclerc, qui a assisté à la scène, a de suite commandé un défibrillateur cardiaque afin de l’installer dans les locaux de la Maison de pays. «J’envisage également de mettre en place des formations aux gestes de premiers secours pour l’ensemble du personnel». Une possibilité également envisagée à la gendarmerie.
Pour ce qui est des deux sauveteurs. Si Thierry Fournier ne souhaite pas qu’on le considère comme un «héros», Marcel Leclerc, estimant qu’ils méritent tous deux une distinction, a toutefois relayé l’histoire auprès du sous-préfet, dans l’intention d’organiser une remise de récompense.
De son côté, Michel Berdal ne réalise toujours pas ce qui lui est arrivé. «J’aurais pu y rester, je ne me rends pas vraiment compte». Correspondant local depuis une trentaine d’années, il s’est pris d’une passion pour cette activité. Incapable de s’arrêter, il est déjà reparti sur le terrain, le cœur battant.

Toutes les actualités